Un billet publié hier sur le site du concours de référencement SEO
WORLD CUP évoque la pratique d'un professionnel de
l'E-reputation.
http://seoworldcup.com/e-reputation.html#comments
Pour résumer, cet expert d'internet, de la veille et du référencement créé
son propre marché, en :
- identifiant des clients potentiels,
- publiant des informations pouvant leur porter préjudice,
- puis attendant d'être contacté par ces même personnes (victimes) avant
d'effacer les problèmes qu'il a disséminés sur le web.
En soi, rien de nouveau par rapport au vendeur d'alarme qui fracture votre
porte le lundi et vient innocemment vous vendre son alarme le vendredi.
Le nombre de réactions et les commentaires (tout sauf indifférents) sont
emblématiques de la polémique sécuritaire ambiante sur le net.
Ce genre de démarche suscite l'indignation ou l'admiration, et très peu de
réelles réflexions. Les internautes réagissent à chaud. Il y a donc beaucoup de
bruits. C'est un cas d'école, car l'article génère un petit buzz, mais c'est
surtout l'observation de l'après publication qui s'avère
intéressante.
Les techniques informatiques permettent d'opérer avec un maximum de
précaution en brouillant les traces et les pistes, c'est à dire que les risques
semblent réduits comparés à l'appât du gain, et c'est ce qui semble finalement
déranger ou séduire le plus. On en revient finalement aux bases, à l'hypocrisie
du "faites ce que je dis, pas ce que je fais" omniprésente sur internet.
Quoiqu'il en soit, ce genre de pratique se base sur
l'intimidation.
Le réflexe de certaines personnes (morales ou physiques) peut être
d'étouffer l'affaire et toute atteinte à sa réputation avec de l'argent,
lorsque l'opportunité se présente en la personne d'un "nettoyeur internet".
Ceux qui essaieront de chercher par eux-même à remonter la source seront
invariablement promenés d'un serveur étranger à un autre, et finiront peut-être
par capituler (phénomène du "Marre de se faire balader sur le
Net")
Il existe pourtant les recours normaux : dépôt de main courante à la
gendarmerie, publication d'avis sur le site officiel ou blog, ou simple attente
(jouer l'autruche afin de ne pas alimenter la rumeur). Enfin, les recours
juridiques sont également possibles, même si longs et coûteux. Et puis, la
contre-offensive en publiant soi-même des réseaux de sites satellites dans le
but de noyer les propos offensants est également possible. Peut alors
s'ensuivre un jeu d'usure, à qui cèdera le premier de l'agresseur virtuel ou de
la victime. L'offenseur prend alors le risque de se retrouver en concurrence
avec d'autres référenceurs ou détectives privés, ce qui augmente
considérablement sa marge de danger.
Il est à parier que ce genre de pratiques se généralise dans les années à
venir et entraîne des modifications des cadres législatifs et administratifs
des prestataires internet, en espérant que les marchands de sécurité et les
pourvoyeurs de notre bien-être n'y voient l'occasion d'opérer de belles actions
de régressions liberticides, sous la bannière chevaleresque de la défense de la
veuve et de l'orphelin.
En conclusion, il convient de mener une veille régulière sur sa
présence sur internet, respecter les règles élémentaires de prudence
(vigilance internet) et ne jamais réagir dans
l'urgence.